Origines : créer une panthère de salon
Le Bombay est une race entièrement conçue par l’homme, avec un cahier des charges esthétique très précis. En 1953, l’éleveuse américaine Nikki Horner, du Kentucky, se fixe un objectif : obtenir un chat qui ressemble à une panthère noire miniature.
Elle croise un Burmese sable avec un American Shorthair noir. Les premières portées sont décevantes ; il lui faudra une dizaine d’années de sélection avant d’obtenir le type recherché. La CFA reconnaît officiellement la race en 1976.
Le nom « Bombay » est une référence à la ville indienne et aux panthères noires d’Asie — le chat n’a strictement aucun lien géographique avec l’Inde.
Deux lignées coexistent aujourd’hui :
- Le Bombay américain, issu du Burmese américain, plus compact et rond
- Le Bombay britannique, issu du Burmese européen croisé au British noir, un peu plus longiligne
Apparence : le noir absolu
Le standard du Bombay est l’un des plus stricts qui soient : tout doit être noir.
- Robe : noir jais uniforme jusqu’à la racine du poil, sans le moindre poil blanc ni reflet roux. Le poil est court, ras, très serré et naturellement laqué — il brille comme du cuir verni, sans aucun produit
- Peau, truffe et coussinets : noirs également
- Yeux : grands, ronds, très écartés, d’un cuivre ou or intense. Plus la couleur est profonde, plus le sujet est apprécié. Le contraste avec la robe est l’élément le plus spectaculaire de la race
- Corps : moyen mais étonnamment lourd — les éleveurs parlent d’un « chat plus lourd qu’il n’y paraît ». Musculature dense, poitrine large
- Tête : ronde, sans angle, museau court et large, oreilles moyennes bien écartées
- Queue : de longueur moyenne, droite
🖤 Bombay ou chat noir ? Un chat noir de gouttière peut être magnifique, mais il aura le plus souvent des reflets roux au soleil, des yeux verts ou jaunes, et un poil moins ras. Le Bombay se distingue par le noir uniforme jusqu’à la racine, les yeux cuivre et le poil laqué. Sans pedigree, aucun chat noir n’est un Bombay.
Caractère : le plus « pot de colle » des chats
Si vous cherchez un chat indépendant, passez votre chemin. Le Bombay est le contraire absolu.
- Fusionnel : il suit son humain de pièce en pièce, s’installe sur les genoux, dort sous la couette, et vient s’asseoir sur le clavier
- Bavard : héritage Burmese, il commente sa journée avec une voix douce mais persistante
- Joueur toute sa vie : il rapporte les balles, apprend des tours facilement, adore les jeux de chasse
- Chaleur : il recherche activement les sources de chaleur — radiateur, ordinateur, plaid, votre cou
- Sociable : bon avec les enfants, les chiens, les visiteurs. Il accueille tout le monde
- Peu autonome : c’est son point faible. Un Bombay laissé seul 10 heures par jour dépérit et développe anxiété et miaulements excessifs
C’est un excellent choix pour une famille présente à la maison, un télétravailleur, ou un foyer où un second animal peut lui tenir compagnie. Voir notre guide chat qui s’ennuie.
Santé : les points hérités du Burmese
Le Bombay est globalement solide mais partage certaines prédispositions avec le Burmese, son ascendance principale :
- Syndrome de la tête du Burmese (craniofacial defect) : malformation grave et létale des chatons, portée par un gène récessif. Les éleveurs sérieux testent leurs reproducteurs. Exigez le résultat du test
- Hypokaliémie féline : baisse du potassium sanguin provoquant faiblesse musculaire et raideur cervicale, généralement chez le jeune chat. Test génétique disponible
- Cardiomyopathie hypertrophique (CMH) : dépistage échographique conseillé
- Museau court : certains Bombay très typés peuvent présenter un larmoiement ou une respiration légèrement bruyante. Évitez les lignées à faciès excessivement écrasé
- Surpoids : très gourmand, il prend du poids facilement une fois stérilisé (voir obésité du chat)
Espérance de vie : 13 à 18 ans avec un bon suivi.
Entretien : le minimum syndical
Le poil ras du Bombay est l’un des plus faciles à entretenir du monde félin :
- Un passage de gant en caoutchouc par semaine suffit à retirer les poils morts et à faire briller la robe
- Aucun risque de nœud, aucun toilettage professionnel
- Une peau de chamois ou un chiffon doux ravive le laqué avant une exposition
- Coupe des griffes toutes les 3-4 semaines, brossage des dents 2-3 fois par semaine
Attention en revanche à la frilosité : avec très peu de sous-poil, le Bombay supporte mal le froid. Il faut lui prévoir des couchages chauds et éviter les courants d’air. C’est un chat strictement d’intérieur en hiver dans le nord de la France. Voir protéger son chat en hiver.
Prix d’un chaton Bombay en 2026
| Profil | Prix indicatif |
|---|---|
| Chaton de compagnie LOOF, stérilisé | 900 – 1 300 € |
| Chaton avec droit de reproduction | 1 300 – 1 800 € |
| Lignée d’exposition titrée | 1 800 – 2 500 € |
La race est rare en France : peu d’élevages, listes d’attente fréquentes de 6 à 12 mois. Méfiez-vous des annonces de « Bombay » sans pedigree à 300-500 € — il s’agit de chats noirs communs, souvent parfaitement charmants, mais qui n’ont ni le type ni les garanties sanitaires de la race.
Questions fréquentes sur le Bombay
Le Bombay peut-il rester seul la journée ?
C’est sa principale limite : non, pas régulièrement. Si vous êtes absent 8 à 10 heures par jour, adoptez-en deux ou choisissez une race plus autonome comme le Bleu Russe ou le British Shorthair.
Est-il vraiment tout noir, sans exception ?
Oui, au standard. Certains chatons naissent avec de discrètes marques tabby fantômes qui disparaissent avant 1 an. Un Bombay adulte avec des poils blancs ou des marques visibles est disqualifié en exposition, mais reste un excellent compagnon.
Convient-il à une famille avec enfants ?
Très bien. C’est l’une des races les plus tolérantes au bruit, aux manipulations et aux jeux d’enfants. Rappelez tout de même les règles de respect de base.
Le Bombay est-il hypoallergénique ?
Non. Son poil très court réduit la quantité de poils dispersés dans le logement, mais il produit autant de Fel d 1 qu’un autre chat. Voir la fiche Sibérien pour les races à faible allergénicité.
Pourquoi mon Bombay cherche-t-il constamment la chaleur ?
C’est normal : sans sous-poil, il perd sa chaleur corporelle plus vite. Fournissez-lui un couchage en hauteur près d’une source de chaleur et une couverture épaisse — il l’utilisera toute l’année.